• Georges Aillaud, hommage

    L'Equipe Aragon tient à rendre hommage à Georges Aillaud, qui nous a quitté le 20 février 2017

    Paris, 18 mars 2016.

     

     

    Georges Aillaud était, depuis la fondation de cette équipe Aragon, un auditeur fidèle et attentif des séminaires, un passionné d’exactitude et de vérité qui ne manquait pas une occasion de s’informer, d’écouter et de préciser encore les connaissances encyclopédiques qui étaient les siennes, particulièrement concentré dès que des documents génétiques ou simplement des originaux étaient exposés ou étudiés.

     

    La passion de Georges Aillaud s’ancrait, comme un héritage de sa formation d’ingénieur et de son travail d’historien, du côté des faits exacts, des dates précises mais aussi des documents originaux, porteurs de vérité et preuves inaltérables de tel état d’une édition.

     

    Il vivait donc, à Montreuil, dans un temple de preuves, un trésor incroyable où l’on pouvait deviner les strates successives de ses recherches insatiables d’historien et de collectionneur sur La Commune, Jules Vallès ("il paraît que je connais un peu son rôle pendant la Commune..." disait-il au sujet d’une invitation sur France Info), Elsa Triolet et Aragon. Il s’était constitué ainsi un lieu concret où les rayonnages de la bibliothèque et les tiroirs secrets pouvaient accueillir les visiteurs, les curieux, les amis, les chercheurs. et l’on ne peut que souhaiter que le legs de cette bibliothèque à la Bibliothèque de la ville de Paris se réalise dans de bonnes condition.

    L’accueil de Georges Aillaud -- plusieurs d’entre nous s’en souviennent -- était extrêmement chaleureux et ouvert, serviable au possible, circulant dans ce labyrinthe pour présenter un ouvrage exceptionnel, faire découvrir une lettre inédite de Vitrac, une dédicace exceptionnelle d’Elsa Triolet. Gardien du temple, Georges Aillaud s’était fixé pour mission d’éclairer le mieux possible le rôle joué par Aragon et Elsa Triolet tout au long des années de la Résistance mais s’intéressait aussi de très près à toute histoire éditoriale qui lui semblait mériter un peu plus d’attention.

     

    Son goût pour l’enquête, la logique, la rigueur l’emportait volontiers vers l’établissement minutieux de dates, le recensement de données exactes et indéboulonnables, la fixation de noms mille fois vérifiés. En somme il détestait l’erreur et rendait à chaque fois hommage, par sa méthode de travail et par son résultat, aux figures dont il scrutait la vie et l’oeuvre, dans cette autre manière de militer qu’était à ses yeux la recherche scientifique. Ces textes, sans fioritures, établissaient, rectifiaient, précisaient, constituant ainsi des données assises sur des certitudes, évitant qu’à l’avenir on déforme quoi que ce soit.

     

    Evoquons à ce titre le travail remarquable effectué sur Les Etoiles et Les Lettres françaises clandestines publié au Cherche Midi, avec des mises en contexte et des identifications d’auteurs cachés par leur pseudonymes, un article sur le mot de "roman" dans le titre d’Anicet et un autre des numéros éventuels 18 et 19 éventuels des "Etoiles", in Annales N° 12, 2010.

     

    On signalera également:

     "Où Aragon est-il né ?", in Faites entrer l’infini n° 50, décembre 2010.

     "Dictionnaire des pseudonymes littéraires de la Résistance" de (Annales n° 11 de 2009) (plus de 1000 pseudos),

     "Dictionnaire des pseudonymes littéraires de la Résistance" (plus de 1000 pseudos répertoriés), Annales n° 11, 2009.

     Annales n°6, Rencontres de Romans-sur-Isère, Une comparaison entre deux journaux clandestins : Les Étoiles et Les Lettres françaises, p. 139

     Annales 5, "Les dédicaces d’Aragon à Jacques Duclos ou "l’élève" s’émancipe", p. 183 (Annales, n°5)

     "Aragon et les arts plastiques. Une liste d’écrits" Annales n° 8, 2006.

     

    Et plus récemment:

    La Chronologie d’Aragon et d’Elsa Triolet de 1939 à 1945 (Annales n°16) et de nombreuse précisions sur l’histoire complexe du texte sur les Martyrs de Châteaubriant.

     

    Georges Aillaud, on le comprenait vite, ne lâchait rien, c’était un combattant, y compris sur le plan de la maladie, dont il parlait parfois sur le mode de la survie. Sa disparition a pourtant surpris tout le monde, tant était évidente sa capacité de résistance et d'enthousiasme. 

     

    Il était important de rendre hommage à cette figure qui s’est discrètement écrite dans sa bibliothèque, message riche et généreux qu’il nous laisse en exemple.

     

    Ce séminaire lui est dédié.

     

    Luc Vigier

     

    Equipe Aragon de l'ITEM

     

     

     

     

     

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