• Aragon et les dessins de l'histoire: de David d'Angers à Géricault (5 juin à Angers)

    Conférence : Aragon et les dessins de l'histoire : de David d'Angers à Géricault

    jeudi 05 juin 2014 à 18h30

    Rendez-vous réguliers centrés sur les publications concernant l’art et l’histoire de l’art (1h30).

    Les conférenciers invités permettent au public d’appréhender un sujet artistique d’actualité, en écho avec une ou plusieurs œuvres faisant partie des collections des musées d’Angers.
    En lien avec la présentation des dessins de David
    Aragon et les dessins de l'Histoire : de David d'Angers à Géricault
    par Luc Vigier,  maître de conférences, Université de Poitiers et directeur de l'Équipe Aragon de l'Institut des Textes et Manuscrits.

    Durée : 1h30.

    Entrée gratuite – Réservation recommandée au 02.41.05.38.38

    Public : Adultes


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  • Aragon, lu d’ailleurs : Grèce / Congo, Journée d’études, 1er février 2014

    Aragon lu d’ailleurs (Grèce, Congo)

    Journée d’études ouverte à tous
    organisée par l’Equipe de Recherche Interdisciplinaire
    Elsa Triolet / Aragon (ERITA)

    Samedi 1er Février 2014

    Paris VII - Grands Moulins
    Bibliothèque Jacques Seebacher

    Bât. A, 5 Rue Thomas Mann 75013 Paris
    Métro Bibliothèque François-Mitterrand (ligne 14)

    9 h 00 - Assemblée générale de l’ÉRITA

    10 h 30 - Titika Dimitroulia, Université Aristote de Thessalonique :
    « La réception d’Aragon en Grèce de 1930 à 2013
     »

    Louis Aragon se fait connaître très tôt en Grèce, depuis les années 1930 déjà et son parcours est suivi d’assez près par les auteurs grecs de l’époque, qui sont en général francophones – il faudrait souligner la relation privilégiée entre les intellectuels grecs, la France et les français jusqu’après la guerre – et transfèrent le devenir littéraire et intellectuel français en Grèce. D’ailleurs, toute une génération littéraire, celle appelée « la génération des années 1930 » qui est aussi la génération du surréalisme, est tournée vers l’Europe, le modernisme et l’avant-garde – c’est la génération à laquelle appartient aussi l’ami d’Aragon Yiannis Ritsos. Le théoricien de cette génération, Yiorgos Theotocas, a commenté les Cloches de Bâle en 1935. En 1932, le communiste Nicolas Calas, une figure emblématique du surréalisme grec, avait traduit le « Front rouge » – bientôt, Calas allait participer à Paris au groupe surréaliste. Cité parmi les éminents surréalistes et modernistes de son époque, Aragon est classé en 1940-1950, par l’historien de la littérature grecque Alexandros Argyriou, parmi les écrivains qui inspirent les écrivains grecs – avec, entre autres, Huxley, Malraux ou Sartre.
    La situation historique en Grèce après la guerre, la guerre civile et ses conséquences, créent une dichotomie majeure dans les lettres : entre la droite et la gauche, les communistes et les autres. Aragon est aimé par les communistes et ignoré par les autres. Il est l’ami de Yiannis Ritsos, dont le parcours a par ailleurs beaucoup de points communs avec le sien et à qui il ouvre la voie de l’universel avec un texte de 1957. Il est le communiste, un des représentants les plus connus du réalisme socialiste. Aragon poète est plus au moins éclipsé, à l’exception du recueil Les Yeux d’Elsa. Sa période surréaliste – si nous osons parler de périodes dans son œuvre, lui qui les détestait – est passée sous silence par la gauche et ses romans ultérieurs passent en général inaperçus. Les Communistes sont publiés au moment même de l’implosion du socialisme réel, de 1989 à 1994. Juste avant, des œuvres comme Blanche ou l’oubli, Le Paysan de Paris, Anicet ou le Panorama, Les Aventures de Télémaque ou Le Traité du style n’ont pas eu le temps de trouver leur place dans le champ littéraire néohellénique. Aujourd’hui, la plupart de ces livres sont introuvables. Aragon est soit communiste soit surréaliste, méconnu de toute façon. Bien sûr, il y a toujours eu quelques textes, quelques traductions dans des revues, comme Nea Synteleia par exemple. En tant que traductrice de son œuvre, c’est ce que nous efforçons de changer, que nous espérons changer dans un avenir proche.

    14 h 30 - Anthony Mangeon, Université de Strasbourg : « Henri Lopes au miroir d’Aragon »

    Forte d’un recueil de nouvelles et de huit fictions, couronnée de plusieurs prix - dont le Grand Prix de la Francophonie (Académie française) et le Grand Prix littéraire d’Afrique noire à deux reprises - l’œuvre romanesque du Congolais Henri Lopes s’est placée d’emblée sous les auspices de Louis Aragon. C’est à l’excipit des Cloches de Bâle que La Nouvelle Romance (1976) emprunte en effet son titre, et on trouve de nombreux autres reflets dans les romans suivants : Le Pleurer-rire (1982) se donne ainsi à lire sur le mode oxymorique d’un Mentir-vrai, où rêve et réalité s’entremêlent dans un style alerte qui africanise par ailleurs le “roman parlant” ou le “récit oralisé” incarné entre autres par Aragon ; Le Chercheur d’Afriques et Sur l’autre rive multiplient également les clins d’œil à l’auteur d’Aurélien et du Roman Inachevé. Mais c’est surtout dans Le Lys et le flamboyant que la présence littéraire d’Aragon est la plus manifeste, au point qu’on pourrait lire ce roman comme une réécriture partielle de La Mise à mort en contexte congolais, ainsi que nous nous attacherons à le montrer. Une question se pose dès lors : et si, à l’instar de Céline, la postérité d’Aragon se trouvait aujourd’hui en Afrique ?

    Contact  :
    Corinne Grenouillet, MCF HDR,
    Université de Strasbourg
    corinne.grenouillet@unistra.fr


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  • Trois romans d’amour (1/3): Aurélien de Louis Aragon 

    Réécouter cette émission.

    Par Adèle Van Reeth

    Réalisation : Somany Na

    Lectures : Marianne Basler

    Louis Aragon 

    Pourquoi les histoires d’amour sont-elles romanesques ? Et bien parce qu’elles finissent mal, en général, mais qu’entre le début et la fin, il y a l’histoire, les histoires,  dont les péripéties et retournements forment le romanesque par excellence– car si les histoires d’amour finissaient bien, la littérature ne s’y serait pas attardée au-delà d’un recueil de nouvelles – ou d’une collection de romans de gare.

    Demain, Michel Aucouturier nous fera voyager dans la Russie de Tolstoï aux côtés de Vronsky, Levine et Anna Karénine, mercredi, Carole Auroy assumera l’autodestruction de la passion amoureuse dans Belle du Seigneur et jeudi, et bien jeudi, l’amour cédera le pas à la religion, ou plutôt se sacrifiera sur l’autel des cérémonies religieuses du jeudi de l’Ascension.

    Aujourd’hui, qu’est-ce que l’amour, un idéal, un pis-aller, ou un but en soi,  ou comment l’on peut tomber amoureux lorsqu’on n’y croit pas, et d’une femme que l’on trouve franchement laide… Aujourd’hui, un prénom impérial, un roman du réel, Aurélien, de Louis Aragon.

    Références musicales:

    - Dave Brubeck, Glances, Doing the Charleston

    - Original New Orleans Jazz Band, Ja-Da

    - Wagner, Tristan et Yseult, Air d'Yseult (Acte III)

    - Charleston, O Bryant's original Washboard Band, Charleston fever

    - Nina Simone, Il n'y a pas d'amour heureux


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  • « Que reste-t-il d'Elsa Triolet ? Rien. Pas même un écrivain. » Vous êtes sur France Culture, le matin, à l'heure de la chronique « littéraire ». On est supposé ricaner d'un air entendu. Nous savons bien, nous autres, qu'Elsa Triolet est un mauvais écrivain, et c'est pourquoi nous ne l'avons pas lue... Mais pour qui aurait cette singulière tournure d'esprit de vouloir lire un écrivain avant d'avoir un avis sur son œuvre, une question se pose : où trouver ses livres ? Inconnue aux rayons de la FNAC et de la plupart des librairies, notre excentrique pourra toujours se tourner vers les bibliothèques municipales, garantes, sans doute, d'une meilleure mémoire ? Ce qui suit n'est pas une métaphore...

    Quand en 1975 la ville d'Argenteuil voulu baptiser sa nouvelle bibliothèque de son nom, Aragon accorda sa bénédiction pourvu qu'on le fit précéder de celui d'Elsa Triolet. Il réaffirmait ainsi le geste fondateur des Oeuvres Romanesques Croisées : rendre leurs noms indissociables et leurs livres unis, restituant un dialogue nourrit d'un siècle d'histoire et de création. « La mort aidant, on aurait peut-être essayé et réussi à nous séparer plus sûrement que la guerre de notre vivant : les morts sont sans défense. »1 Cette magnifique édition en 42 volumes, préservait de l'oubli bien des textes difficiles à trouver, tout en leur donnant de longues préfaces inédites, qui non seulement guidaient la lecture mais offraient à l'avenir une inestimable autobiographie littéraire et un regard critique jeté sur l'atelier de l'écriture. Illustrés par les soins des auteurs de reproductions de Matisse, Ernst, Picasso, Chagall..., imprimés sur beau papier et dans une typographie aérée, ces volumes mettaient le luxe du savoir à portée de tous. Car, si l'ensemble de la collection (comme celle de L'Oeuvre Poétique d'Aragon, entreprise en 1974) était trop coûteuse pour nombre de particuliers, elle se retrouvait, par le jeu des souscriptions, présente dans la plupart des grandes bibliothèques de la banlieue rouge. Aussi est-il certain que beaucoup de lecteurs ne venant pas d'un milieu déjà lettré ont eu, grâce à ces éditions, une perspective sur l'histoire littéraire, favorable à aiguiser leur appétit.

    Or, revenant sur ces lieux à l'occasion d'une conférence, je marche dans une garrigue d'étagères amnésiques, et constate que l'ensemble des deux collections a purement et simplement été supprimé. Pas mises en réserve non, supprimées. Perte d'autant plus importante que ces livres de grande allure sont aujourd'hui introuvables et n'ont aucun espoir, en raison de leur coût, d'être jamais réédités. Le luxe est donc retourné aux mains de ceux qui peuvent se le payer. Autre surprise, la consultation du catalogue indique que, de tous les romans d'Elsa Triolet, il ne reste en accès libre que... deux titres. Le premier et le troisième tomes de L'âge de nylon. Quelles sont les chances, dans ces conditions, qu'un lecteur fasse la rencontre heureuse d'un auteur-ami ? Que cela ait pu se passer dans la ville de Gabriel Péri, ville qui a vu en 1966 un grand Congrès défendre la culture, et dans une bibliothèque qui porte précisément les noms d'Aragon et d'Elsa Triolet est certainement le symbole d'une tendance plus générale.

    La littérature féminine est la première victime2 de ce dénigrement par le vide. Au pire on la fête si elle prête le flanc à cette forme viciée du scandale qui plaît aux magazines ; au mieux on en vante le charme et la légèreté. Mais c'est la pensée, la conviction, la fermeté, l'effort de clairvoyance et le style qu'il en faut souligner. Elsa Triolet est le lieu de ce pour quoi je plaide. Romancière, essayiste, critique théâtrale, traductrice, journaliste, elle fut l'une des rares femmes à recevoir la médaille de la résistance, et la première à se voir décerner le prix Goncourt, pour Le premier accroc coûte deux cent francs. Soucieuse de porter la plus haute littérature auprès de ceux qui ne lisaient pas, elle a créé les « Batailles du livre » et la vente annuelle du CNE, comme Vilar le TNP. A ce sujet on relira avec profit son recueil d'articles L'écrivain et le livre ou La suite dans les idées. Elsa Triolet n'est pas le seul auteur à souffrir d'une glorieuse, mais injuste, négligence. Et ne faudrait-il pas citer, par exemple, le nom d'Anne Philipe, dont Le temps d'un soupir a bouleversé toute une génération ?

    Nous sommes les dépositaires du trésor littéraire national, et c'est notre devoir de conserver, compléter et transmettre les œuvres de nos aînés qui sont l'ossature même du patrimoine. On ne saurait réduire la littérature à ce qui l'a générée : la lecture est un effort de transposition. Le silence intérieur qui lui est nécessaire nous ouvre le chemin des autres hommes. Mais trop souvent, ces temps-ci, en cette infinie forêt de mots, nous tombons sur des pompiers pyromanes qui jettent de l'huile sur l'oubli.

     

    1 Elsa Triolet : « Ouverture » au tome premier des Oeuvres Romanesques Croisées d'Elsa Triolet et Aragon (Robert Laffont, 1964).

     

     

    2 Mais pas la seule... Ont disparus du même coup l'édition des Oeuvres Complètes de Zola par Henri Mitterrand, celle des Oeuvres complètes de Jules Vallès sous la direction de Lucien Scheller, par exemple...

     

     


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  •  Aragon / Eluard


    Le programme de l'agrégation met à l'honneur Capitale de la douleur d'Eluard pour l'année 2013-2014 et ce peut être l'occasion pour nous de proposer des textes courts sur les liens Aragon-Eluard dont on sait l'intensité, les ruptures et les réconciliations.

    Sur le modèle du "colloque" virtuel consacré au rapport des chercheurs aux manuscrits d'Aragon qui nous a valu l'estime et l'intérêt d'un grand nombre de lecteurs, je vous demande donc de m'envoyer, d'ici au 30 septembre 2013, une contribution de 8000 à 10 000 signes consacrée au dialogue complexe de ces deux auteurs. La mise en ligne se fera dans la première quinzaine d'octobre et j'envisage de travailler pour une partie de ce colloque en ligne à l'édition commentée de certains articles d'Aragon extraits des Lettres françaises.

    Il s'agira par exemple de cerner les rapports esthétiques, littéraires et politiques des deux hommes pendant la période Dada et surréaliste, leur rôle dans les revues des années Vingt, leurs trajectoires politiques croisées dans les années trente puis sous l'Occupation et dans la Résistance, les mythes fondateurs (notamment celui d'Orphée aux enfers) qui semblent lier la mémoire des deux hommes, de même que leur observation des arts et de la peinture ou leur approche de la question du lyrisme. A cela peut s'ajouter les vertiges intertextuels depuis l'oeuvre d'Eluard ou d'Aragon, l'étude des citations, des allusions ou des débats à distance...

    Merci de me signaler assez rapidement votre volonté de participer à cette opération, qui sera l'occasion d'explorer, à toutes fins utiles pour les agrégatifs, les méandres d'une relation passionnée.
     

     


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